21 Fév 2012 - 20:00 - 24 Fév 2012 - 20:00 Théâtre Dijon Bourgogne / C.D.N. - Salle Jacques Fornier

Le Nerf

Création de Guillaume Malvoisin

L’arrière-salle d’une salle de cinéma dans une Amérique hors d’âge. Des musiciens sont là, jouent pendant les projections puis attendent d’une séance à l’autre en compagnie de Chief, ouvreur et gardien du cinéma, Sam, homme de compagnie vaguement épique et Ernie, dealer à la manque. Tous attendent le retour de Henry, parti on ne sait où. Le Nerf est le récit de cette attente, rythmée par les rappels à l’ordre réguliers d’un interphone. Confinés dans ce réduit, ils parlent du souffle et de la lumière, de l’attente, la peur, l’argent. Les musiciens jouent, tentent de se distraire. L’arrivée soudaine de Katz, mi-jeune femme mi-oracle, précipite la fin des tergiversations : le temps de la responsabilité de chacun a sonné.

Dans le Nerf, musique et théâtre nouent un dialogue sur les bruissements du monde. L’une aide l’autre à dire ces intuitions que les mots peinent trop souvent à rendre avec justesse. Alors les auspices changent, c’est Godot chez les toxicos. C’est Gorki version free jazz. Kerouac et Schopenhauer ne sont pas loin, Lao Tse et Faulkner traînent sans doute en coulisses. Ce que chacun des personnages ou des spectateurs vient fuir importe peu. Ce qui nous intéresse c’est ce qu’il vient sauver dans ce recoin du monde. De quoi partir d’un semblant d’ordre autoporté pour arriver au cœur d’une polyphonie humaine, vivante et sonore.

Le Nerf est une réinvention de la pièce de Jack Gelber, The Connection, créée en 1959 par le Living Theatre. Guillaume Malvoisin la découvre en marge de sets d’improvisations avec le contrebassiste Sébastien Bacquias. Naît alors l’envie, pour prolonger l’émotion, d’en écrire une version actualisée, une sorte de cousin nerveux et sensitif dont l’auteur décrit la genèse : « Nous inscrivons par-dessus les répliques du manuscrit d’origine nos questions et nos obsessions. Il sort de ces retouches et de ces ratures, que l’Amérique qui a éclairé nos rêves de gosses éclaire également ce rêve d’aujourd’hui, celui de fédérer une communauté de théâtre hétéroclite, insolente et réjouissante, autour de cette question : la vie est un accident, comment compose-t-on avec ça ? »